Nocturne 33 Nocturne 33 Huile sur toile, 200 x 160 cm, 2019.      Nocturne 27Nocturne 27 Huile sur toile, 162 x 130 cm, 2019.                     AuversAuvers Huile sur toile, 200 x 160 cm, 2016.      Innoncent X 03Innoncent X 03 Technique mixte sur toile, 180x160 cm, 2009. Artémis (dArtémis (d'après Rembrandt) Technique mixte sur toile, 217 x 219 cm, 2007.      Under the Skin 07Under the Skin 07 Huile sur toile, 200 x 160 cm, 2015. Under the Skin 17Under the Skin 17 Huile sur toile, 200 x 160 cm, 2015. Kalashnikov 03 Kalashnikov 03 Huile sur toile, 116 x 89 cm, 2013. BertheBerthe Huile sur toile, 130 x 97 cm, 2017.     

Gaël DAVRINCHE


Gaël Davrinche est né en 1971 à Saint-Mandé. Il vit et travaille à Montreuil.

L’œuvre prolifique de Gaël Davrinche, qui se décline sous la forme de peintures, dessins, sculptures ou encore estampes revendique son appartenance à une peinture figurative profondément enracinée.

Il réinvestit principalement les genres classiques du portrait et de la nature morte dans un dialogue plastique entre la tradition et la déconstruction complète de cette dernière. L’artiste n’a en effet de cesse de creuser, fouiller, puiser au coeur de l’Histoire de l’Art dans les oeuvres de ses illustres pairs ce qui fait selon lui l'essence-même de la peinture. L’artiste construit et déconstruit perpétuellement la peinture, du plus grand réalisme aux limites de l’abstraction. Il pose la question de la pertinence de la représentation en peinture à une époque où le numérique et les réseaux sociaux ont changé notre rapport à l’image.

Gaël Davrinche savait que le chemin de la peinture était long et dévorant et en épousant sa ligne de vie, il a décidé d’en faire sienne. De ce point de vue, l’oeuvre de Gaël Davrinche entretient une curieuse analogie avec la manière
dont un individu se construit : de l’enfance à l’âge adulte, en passant par la phase délicate de l’adolescence, sa peinture grandit, gagnant en maturité au fil du temps dans un dialogue constant entre l’histoire de l’art et sa propre histoire.
Ainsi à ses débuts, en empruntant fréquemment le registre graphique de l’enfance, il cite et caricature avec humour les chefs d’oeuvres de l’art européen dans le cadre d’une série fleuve nommée "Les Revisités" et dont l’on décèle encore les soubresauts dans sa production actuelle.
Au fil des ans, il affine sa pensée en se posant la question de la légitimité du portrait peint, à l’heure où la commande n’existe plus. Surgissent alors les séries "Under the skin" et "Kalashnikov". Fondamentalement libre, son geste se fait tantôt incisif et nerveux, tantôt parfaitement minutieux. L’audace avec laquelle l’artiste alterne les styles, passant du réalisme savant à l’expressionnisme le plus spontané, illustre tout l’attachement à la peinture en tant que médium aux possibilités encore inépuisables.

En parallèle, il explore de nouveaux territoires complémentaires, les "Memento Mori" qui apportent une respiration songeuse à son oeuvre. Dans cette série de dessins et de peintures représentant des fleurs fanées, l’artiste aborde par le prisme de l’allégorie le thème intemporel du cycle de la vie et dresse finalement en creux le portrait de l’homme face à sa propre inquiétude existentielle. Un sentiment intime, universel qu’il vient explorer avec beaucoup de poésie.

" Ces fleurs sont une allégorie du temps qui passe, des vanités qui incitent à vivre l’instant présent avec intensité, avant que la beauté ne fane, mais elles sont également un hymne à la vie avec les graines qu’elles laissent qui perpétuent la vie. Cette renaissance illustre mon propre passage d’un état à un autre, de la représentation de la figure vers le floral. Cette transition c’est imposée à moi ".

Gaël Davrinche

Aujourd'hui, de ses pérégrinations végétales, Gaël Davrinche a tracé trois chemins. Après les "Memento Mori", il s'est aventuré dans un ensemble intitulé "Nebula" qui donne à voir des bouquets de fleurs
flous et cadrés en gros plan. Cet effet délibéré permet une prise de distance avec le motif et laisse une plus grande liberté d’interprétation. En dissolvant l’objet par le flou, Gaël Davrinche sollicite l’imagination et le regard du spectateur. Il poursuit également sa réflexion permanente sur le temps, la matière et la couleur avec la troisième série : les "Nocturnes" il s’inspire de la tradition des natures mortes florales dans la peinture Baroque. Un travail d’envergure qui décloisonne les bouquets flamands du XVII° siècle.

Sur les tableaux les plus récents on observe que sa démarche s’imprègne d’une volontée d’abstraction. Un glissement s’est opéré : certaines fleurs ne sont perçues comme des fleurs que par l’environnement direct qui nous conduit vers une projection mentale : la représentation d'un ensemble floral. Mais isolez quelques instants ces morceaux très expressifs, et vous ne pourrez identifiez quelconque forme de figuration reconnaissable.

"J’ai voulu réactualiser ce genre tombé dans une forme de désuétude et que l’on ne voit plus que dans les musées, en conjuguant plusieurs modes de représentation au sein de la même composition : trois façons de peindre qui coexistent dans mon expression picturale et que j’ai pu expérimenter au fil des années. Certaines fleurs s’inscrivent dans un registre hyperréaliste où chaque détail devient une démonstration technique. D'autres sont représentées dans un style lâché et vif, fruit d'une pratique très gestuelle. Il y a encore celles qui ne sont suggérées que par l’entremise de leurs contours et des aplats de couleurs qui font référence au Pop Art et à Warhol. En outre, le recadrage et le choix des formats monumentaux (une de ses marques de fabrique) viennent compléter la réactualisation. J’ai voulu jouer dans cette tripartite - du geste, de l’aplat et de l’approche classique - pour ne pas sombrer dans cette culture, très réaliste et très cloisonnée, du XVII° siècle. J’aime l’idée qu’à travers ces « Nocturnes », l'iconographie des maîtres anciens soit décomplexée de la forme et puisse exploiter de nouveaux modes d’expression".

"Actuellement, quand j’élabore un tableau, je compose d’abord une esquisse préparatoire numérique, en mêlant des fleurs qui proviennent de différentes sources iconographiques (livres, internet…). Ensuite, je dessine toutes les silhouettes des fleurs. Le rendu donne quelque chose de très plat, mais déjà, je trouve que le tableau fonctionne, que les aplats suffisent."

"Peindre un tableau, c'est symboliquement très proche de la vie. Dans mes œuvres, les couleurs ne sont jamais préméditées. On initie un mouvement et c’est l’improvisation… .Il y a bien quelques projections, mais le résultat possible peut être différent de ce qui avait été envisagé. Comme dans une partie d'échec, un choix (une couleur, un mouvement du pinceau ..) une incidence sur toute la suite et on ne sait jamais comment cela va se terminer avant que la toute dernière touche ne soit posée. Comme la vie, le tableau peut aussi s'arrêter, rester inachevé"



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