I have a dreamI have a dream Clouds and Sun : Bois, miroir, 2015.           CloudsClouds Bois, miroir dimensions variable, 2015. Sans 90 degrés #1Sans 90 degrés #1 Socle en bois, miroir : 100 x 140 x 45 cm, 2008. Sans 90 degrés #2Sans 90 degrés #2 Socle en bois, miroir : 80 x 60 x 25 cm, 2008. UntitledUntitled Bois, miroir, dorure à la feuille Dimensions variables, 2010. Kiss roomKiss room Miroir, installation,collection privée, 2013. Out of frameOut of frame Bois, dorure à la feuille Dimensions : 61 x 47 x 15 cm, 2015. Out of frameOut of frame Bois, dorure à la feuille Dimensions : 61 x 47 x 15 cm, 2015. Out of frameOut of frame Bois, dorure à la feuille Dimensions : 61 x 47 x 15 cm, 2015. Out of frameOut of frame Bois, dorure à la feuille Dimensions : 61 x 47 x 15 cm, 2015. Out of frameOut of frame Bois, dorure à la feuille Dimensions : 61 x 47 x 15 cm, 2015. Double jeDouble je Bois, plâtre moulé, dorure à la feuille Palais de Tokyo 100 m linéaire environ dimensions variables, 2016. Golden snake #1Golden snake #1 Plâtre moulé, dorure à la feuille : 190 x 160 x 140 cm, 2015.    Miroir, bois, dorure à la feuille : 160 x 110 x 36 cm, 2012. In situIn situ Installation à la chapelle du Mobilier Nationale, dorure à la feuille sur le sol, désacralisation de ce matériaux associé au pouvoir, religieux, politique ou de séduction…, 2019. Besoin dBesoin d'air #1 Matériaux : Peinture sur toile : 200 x 60 cm, 1996. Besoin dBesoin d'air Installation au Palais des Beaux-Arts de Lille, ciel en hommage à la peinture du 18e siècle, bassin en miroir, réflexion sur le trop plein..., 2019. Besoin dBesoin d'air Installation au Palais des Beaux-Arts de Lille, ciel en hommage à la peinture du 18e siècle, bassin en miroir, réflexion sur le trop plein..., 2019. Besoin dBesoin d'air Installation au Palais des Beaux-Arts de Lille, ciel en hommage à la peinture du 18e siècle, bassin en miroir, réflexion sur le trop plein..., 2019. Besoin dBesoin d'air Installation au Palais des Beaux-Arts de Lille, ciel en hommage à la peinture du 18e siècle, bassin en miroir, réflexion sur le trop plein..., 2019.

Mathias KISS


Mathias Kiss est né en Hongrie en 1972, il vit et travaille à Paris.

Mathias Kiss est un artiste, peintre, sculpteur, scénographe ...

Mathias Kiss mène une réflexion autour de la déconstruction de l’héritage classique à la croisée de la peinture, de la sculpture et de l’architecture. Pour des raisons intrinsèques aux étapes de son parcours, son travail provoque l’effacement des barrières entre l’art et l’artisanat, dans la lignée de courants comme le mouvement Arts & Crafts ou l’école du Bauhaus. Il acquiert une maîtrise du vocabulaire académique chez les Compagnons par la connaissance des savoir-faire appliqués à la restauration des monuments historiques et des styles qui ont façonné l’histoire de l’ornement. Au terme de son apprentissage, Mathias Kiss éprouve le besoin de s’affranchir des dogmes dictés par sa corporation. Débute un travail de questionnement artistique au sein duquel les éléments de décor sont déviés de leur statut iconique ou de leur fonction. Ils investissent le champ de l’abstraction pour devenir sculptures, toiles ou installations in-situ. Parallèlement, son vocabulaire stylistique s’affirme dans un héritage diamétralement opposé à sa culture d’origine. En évoluant vers un radicalisme des volumes et des lignes, il donne lieu à une perception moderniste de ses œuvres. On peut lire dès lors la singularité d’une démarche postmoderne où s’exprime un dialogue entre deux héritages : le classicisme de tradition française d’un côté et le modernisme (ou style international) de l’autre, par la fusion de codes oscillant perpétuellement entre une symbolisation du passé et sa déconstruction.

Dans ses expositions, les corniches, la dorure à la feuille d'or, les miroirs, tous les codes classiques français, se libèrent, se déchaînent, dénoncent les carcans qui les ont maintenus si longtemps assujettis au domaine du patrimoine. En prenant la parole en son nom propre, Mathias Kiss nous renvoie, en miroir, à nos propres attentes et aux habitudes de notre regard. Sans jamais se détourner des matériaux nobles et des procédés artisanaux qui ont fait la grandeur du classicisme, l'artiste français les plie à son imaginaire contemporain, avant-gardiste, et infiniment poétique.

David Herman

Au Palais des Beaux-Arts de Lille, le spectateur, découvre

- au plafond, un ciel (une des spécialités de l’ancien artisan peintre) et se retrouve face à sa propre perception.

« Ce ciel est inspiré de la peinture du XVIIIe siècle commente-t-il. Il est dramatique, ténébreux, voire spirituel. Ici, il entre en résonnance avec ce qui l’entoure, avec les œuvres conservées dans le musée. » Imprimé sur du plastique transparent, flouté et mis « en carrés » comme autant de pixels, il prolonge un travail commencé dans des installations telles qu’Underwater, où un ciel en marqueterie de papier jouait déjà avec nos perceptions.

- au sol, un bassin miroitant constitué lui aussi d’une myriade de petits carrés (mais ici de miroirs), reflète ce ciel et aussi “coule” largement au-delà de son rebord, poursuivant également le motif de “coulures” précédentes appelant à “sortir du cadre” (de nos habitudes, de nos classements, de l’académisme auquel Mathias Kiss a bien dû se plier dans sa vie antérieure) pour se laisser aller à un dérèglement des sens.

Immersif, ce paysage imaginaire, comme ceux qui l'ont précédé, nous replace au centre du dispositif – on pense notamment à la Kissroom de l'artiste, cette pièce minuscule entièrement tapissée de miroirs se reflétant à l'infini, qui nous aspire dans un vertige sans fin. L'œuvre offre en effet une deuxième lecture depuis le balcon du premier étage du Palais des Beaux-Arts de Lille. En se déplaçant, le spectateur voit se décaler, s'échapper, bouger sans cesse, cette parfaite correspondance du ciel et du bassin de dimensions identiques. Une fuite permanente joliment soulignée par une musique du groupe Air, grands complices de Mathias Kiss. Perceptions liquéfiées, voyage méditatif des sens… auriez-vous besoin d’air?
Besoin d'air, le film

crédit photo : David Zagdoun

Mathias Kiss
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