Vincent FOURNIER


Vincent Fournier est un photographe Français, né en 1970 à Ouagadougou. Il vit aujourd’hui à Paris.

Vincent Fournier est un artiste photographe français dont le travail explore les différentes mythologies du Futur : l’aventure spatiale, les architectures utopiques, la transformation technologique du vivant… Sa vision est nourrie de souvenirs d’enfance, dont les visites au Palais de la Découverte qui évoquent le « merveilleux scientifique ». Si la photographie reste son medium de prédilection, l’impression 3D, la vidéo ou les installations viennent parfois accompagner certains projets. Les images de Vincent Fournier sont mises en tension par des oppositions qui viennent troubler notre regard : réalité/fiction, logique/ absurde, passé/futur, magie/science, naturel/artificiel… Il explore la fiction futuriste et découvre dans notre présent, ou dans le passé, des « éclats d’avenir ».

Diplômé en sociologie et en arts visuels, il étudie ensuite à l’école Nationale de la Photographie d’Arles et obtient son diplôme en 1997. Ses oeuvres font parties des collections permanentes du Metropolitan Museum of Art (MET) à New York, le Centre Pompidou à Paris, la Fondation Mast à Bologne, la Collection Dragonfly du Domaine des Etangs à Massignac, la collection LVMH à Paris avec le Bon Marché, la collection Baccarat à New-York, Science Gallery, Dublin, Musée des Ursulines de Mâcon, Fondation Bullukian à Lyon.

Brasilia

Le projet sur la ville d’Oscar Niemeyer, Brasilia, présente pour moi un intérêt particulier dans son rapport au temps et à la fiction. Brasilia montre la nostalgie d’un futur qui appartient au passé, comme un temple moderniste fossilisé dans un avenir utopique qui n’a pas eu lieu. Arpenter la ville nous transforme en visiteur d’un décor à échelle réelle, où la fiction se mélange à la réalité comme dans la nouvelle de Jorge Luis Borges :

Je suis également fasciné par la radicalité du projet et la beauté architecturale de la ville. La même écriture, linéaire et continue, évoque un long plan séquence filmé en panoramique.
Mon travail sur la ville de Brasilia vient d’un mélange de fascination et de nostalgie pour les histoires et les représentations du Futur. En effet, la ville d’Oscar Niemeyer, capitale brésilienne construite en 4 ans au milieu d’un désert, incarne la vision du futur des années 60. La date du «plan pilote» conçu en 1957 par l’urbaniste Lucio Costa coincide avec le début de l’ère spatial et du premier satellite artificiel de la Terre : Sputnik. C’est donc l’âge d’or du space age, et la ville de Brasilia, avec ses airs de soucoupe volante qui aurait atterri au milieu de nul part, montre la nostalgie et le rêve d’un futur resté geler dans le temps. Le cas est unique de par sa taille, une ville entière, et de par son état de conservation, le plan pilote de la ville est resté inchangé en raison de son inscription au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Brasilia, temple moderniste fossilisé dans un avenir utopique s’affirme comme une capsule temporelle. J’ai utilisé la ville comme un décor où ses propres habitants sont mis en scène. Lors de mes déambulations me sont revenus à l’esprit les récits de Jorge Luis Borges et l’étrange empire dont une carte recouvre la ville; (Fictions,1946), de Dino Buzzatti et l’idée d’un temps en fuite (Le Désert des Tartares, 1940) ou encore le film «The Truman Show» par

Peter Weir (1988) dont le héros vit dans une illusion. Il faut enfin aussi dire la beauté sidérante et folle de la ville de Brasilia où absolument tout est composé avec la même écriture : linéaire, précise, minimale, fluide, radicale, aérienne, monumentale, musicale…

Vincent Fournier

« Dans cet empire, l’Art de la cartographie avait atteint une telle perfection que la carte d’une seule province occupait toute une ville, et que la carte de tout l’empire occupait toute une province. Avec le temps, ces cartes démesurées ne furent plus suffisantes et les collèges de cartographes firent une carte de l’empire qui avait la taille de l’empire et qui coïncidait point par point avec lui. »

Jorge Luis Borges, Fictions, Buenos Aires, mars 1946.

Brasilia, comme d’autres lieux impossibles, convoque un rêve collectif et permet d’imaginer la fiction.

Vincent Fournier


Space Project

Mon travail s’inspire très librement de la part de rêve et de mystère que les utopies scientifiques et technologiques font résonner dans l’imaginaire collectif. Avec “Space Project” j’ai volontairement mélangé une vision historique et documentaire de l’aventure spatiale avec des mises en scènes nourries par le cinéma et mes souvenirs d’enfance.

Ainsi, ces lieux mythiques de l’exploration spatiale; la Cité des Etoiles en Russie, les centres de lancement Cap Canaveral aux Etats Unis, Baïkonour au Kazakhstan et Ariane Espace en Guyane, les observatoires d’étoiles dans le désert de l’Atacama au Chili, au Nouveau Mexique ou encore dans le Nevada, la base de simulation martienne dans le désert rouge de l’Utah, se font décors de cinéma où Jacques Tati croiserait Jules Verne ou Stanley Kubrick.

Ce travail prends actuellement une nouvelle résonance avec le développement d’une nouvelle course aux étoiles mais cette fois par le secteur privé de l’industrie aérospatiale et robotique.

Vincent Fournier


Post Natural History

Au croisement du surréalisme et de la technologie, le bestiaire “Post Natural History” imagine l’évolution possible du monde vivant après Darwin. Comme un cabinet de curiosités du futur, les photographies révèlent une collection d’espèces en voie d’apparition : un paon à l’exosquelette en argent serti de diamants, une libellule au fragile abdomen de verre doté d’un capteur luminescent qui mesure la qualité de l’air, un scarabée au GPS intégré dans son antenne métallique… Gravées sur une plaque en laiton, des explications «scientifiques» légendent les images, renforçant paradoxalement tant la réalité que la fiction contenues dans ces photographies. D’une beauté à la fois étrange et familière, ce bestiaire poétique et sensible interroge notre relation à la nature et à la technologie.

Mélangeant Histoire et anticipation, mémoire et science-fiction, le projet «Post Natural History» comporte 3 cycles : les Fleurs de Chair — reflexion sur l’idée de chair artificielle, le bestiaire fantastique et technologique — projection d’une nature re programmée par l’Homme d’après la biologie synthétique et la cybernétique, et le cœur indestructible en or et gemmes — premier prototype d’un organe hybride conçu aussi comme un bijou. La technologie après avoir été une extension du corps rentre désormais à l’intérieur du corps.

Vincent Fournier

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