Vincent FOURNIER


Vincent Fournier est un photographe Français, né en 1970 à Ouagadougou. Il vit aujourd’hui à Paris.

Brasilia

Le projet sur la ville d’Oscar Niemeyer, Brasilia, présente pour moi un intérêt particulier dans son rapport au temps et à la fiction. Brasilia montre la nostalgie d’un futur qui appartient au passé, comme un temple moderniste fossilisé dans un avenir utopique qui n’a pas eu lieu. Arpenter la ville nous transforme en visiteur d’un décor à échelle réelle, où la fiction se mélange à la réalité comme dans la nouvelle de Jorge Luis Borges :

« Dans cet empire, l’Art de la cartographie avait atteint une telle perfection que la carte d’une seule province occupait toute une ville, et que la carte de tout l’empire occupait toute une province. Avec le temps, ces cartes démesurées ne furent plus suffisantes et les collèges de cartographes firent une carte de l’empire qui avait la taille de l’empire et qui coïncidait point par point avec lui. » Jorge Luis Borges, Fictions, Buenos Aires, mars 1946.

Je suis également fasciné par la radicalité du projet et la beauté architecturale de la ville. La même écriture, linéaire et continue, évoque un long plan séquence filmé en panoramique.

Brasilia, comme d’autres lieux impossibles, convoque un rêve collectif et permet d’imaginer la fiction.

Vincent Fournier


Space Project

Mon travail s’inspire très librement de la part de rêve et de mystère que les utopies scientifiques et technologiques font résonner dans l’imaginaire collectif. Avec “Space Project” j’ai volontairement mélangé une vision historique et documentaire de l’aventure spatiale avec des mises en scènes nourries par le cinéma et mes souvenirs d’enfance.

Ainsi, ces lieux mythiques de l’exploration spatiale; la Cité des Etoiles en Russie, les centres de lancement Cap Canaveral aux Etats Unis, Baïkonour au Kazakhstan et Ariane Espace en Guyane, les observatoires d’étoiles dans le désert de l’Atacama au Chili, au Nouveau Mexique ou encore dans le Nevada, la base de simulation martienne dans le désert rouge de l’Utah, se font décors de cinéma où Jacques Tati croiserait Jules Verne ou Stanley Kubrick.

Ce travail prends actuellement une nouvelle résonance avec le développement d’une nouvelle course aux étoiles mais cette fois par le secteur privé de l’industrie aérospatiale et robotique.

Vincent Fournier


Post Natural History

Au croisement du surréalisme et de la technologie, le bestiaire “Post Natural History” imagine l’évolution possible du monde vivant après Darwin. Comme un cabinet de curiosités du futur, les photographies révèlent une collection d’espèces en voie d’apparition : un paon à l’exosquelette en argent serti de diamants, une libellule au fragile abdomen de verre doté d’un capteur luminescent qui mesure la qualité de l’air, un scarabée au GPS intégré dans son antenne métallique… Gravées sur une plaque en laiton, des explications «scientifiques» légendent les images, renforçant paradoxalement tant la réalité que la fiction contenues dans ces photographies. D’une beauté à la fois étrange et familière, ce bestiaire poétique et sensible interroge notre relation à la nature et à la technologie.

Mélangeant Histoire et anticipation, mémoire et science-fiction, le projet «Post Natural History» comporte 3 cycles : les Fleurs de Chair — reflexion sur l’idée de chair artificielle, le bestiaire fantastique et technologique — projection d’une nature re programmée par l’Homme d’après la biologie synthétique et la cybernétique, et le cœur indestructible en or et gemmes — premier prototype d’un organe hybride conçu aussi comme un bijou. La technologie après avoir été une extension du corps rentre désormais à l’intérieur du corps.

Vincent Fournier