Méandres, KNIF 1701Méandres, KNIF 1701 Huile sur toile, 20 x 30 cm, 1969. AP 39AP 39 Acrylique sur toile, 140 x 140 cm, 2003.

Julije KNIFER


Julije Knifer artiste-peintre, né le 23 avril 1924 à Osijek en Croatie, décédé le 7 décembre 2004 à Paris.
L’œuvre de JULIJE KNIFER est construite sur deux rythmes, celui du noir et blanc, et sur l’horizon et le vertical… peinture sur la toile ou dessin sur des papiers spécialement choisis pour leur densité, lourds et rugueux, tantôt exécutés à la mine de crayon doux ou avec du graphite à la texture métallique.

D’abord membre du groupe d’inspiration néo-dadaïste « Gorgona » à Zagreb, JULIJE KNIFER radicalise son travail au tout début des années soixante : désormais ses tableaux et ses dessins reconduiront un même type de compositions faites de masses noires peintes à l’huile ou à l’acrylique, ou « dessinées » par pressions superposées de graphite, et rythmées par les espaces laissés vierges. Ces espaces apparaissent souvent comme des fissures dans des plans dont le poids visuel concourt à leur donner une matérialité. Parfois ce sont des entrailles dans la suprématie du noir dans lesquelles le regard se fraye un passage.

Souvent JULIJE KNIFER utilise un signe comparable à un méandre : des lignes verticales et horizontales serpentent au sein des masses sombres, allusion à un motif décoratif permanent de l’art grec antique. Pour JULIJE KNIFER, ce motif traduit un rythme, une vibration, à chaque instant changeant. Il scande une forme, ordonne la composition, que ce soit celle d’un vaste tableau ou d’un dessin. Le méandre structure l’espace, il en devient l’ossature. À partir de lui, les masses s’écartent, s’allègent.

Le noir de JULIJE KNIFER n’est cependant pas un trou noir dans lequel s’effondrerait un geste en pure perte, c’est un noir instable, parfois fissuré par l’effet de l’éclair blanc, parfois équilibré par cette brèche. À l’écart de toute mode, ne se bâtissant que de sa propre exigence austère, le travail de cet artiste reste un exemple d’intégrité artistique.
Tout comme en 1976, en 2001 il représente pour le deuxième fois la Croatie à la Biennale de Venise.