<em>Series C Relief, n.d.</em>Series C Relief, n.d. Aluminium, convexly angled, sprayed standard RAL matt yellow 40 x 40 x 125 cm, 1967. <em>Series B Relief, n.d.</em>Series B Relief, n.d. Aluminium, concavely and convexly curved, sprayed standard RAL matt red 100 x 50 x 14 cm, 1967.

Charlotte POSENENSKE


Charlotte Posenenske (1930-1985) n’a travaillé comme artiste qu’entre 1959 et 1968. Dix ans au cours desquels elle aura développé une œuvre radicale, explorant les transitions de la surface picturale à l’espace (Plastische Bilder, 1966) de la sculpture à la performance (Vierkantohre Serie D et DW, 1967), puis de la sculpture à l’architecture (Drehflügel, 1967-1968). Si l’artiste fut l’une des rares européennes à reprendre à son compte les principes du minimalisme américain — sérialité, délégation de la fabrication des pièces… — son œuvre s’en distingue par une dimension sociale et participative affirmée. Un engagement en écho aux revendications politiques qui agitent les années 1960 et qui l’amènera à abandonner l’art pour se consacrer à la sociologie.

"Les choses que je fais sont modifiables, car reproductibles aussi facilement que possible.
Elles font partie intégrante de l’espace parce qu’elles s’apparentent à des éléments de construction ;
elles peuvent être sans cesse recombinées ou repositionnées, en vertu de quoi elles modifient l’espace.
Je laisse au consommateur le soin de les transformer, ce dernierest dès lors continuellement appelé à participer à leur réalisation.
La simplicité des formes géométriques fondamentales est à la fois empreinte de beauté et propre à visualiser les principes du changement rationalisé.
Je réalise des séries parce que je ne veux pas faire de pièces individuelles pour des individus ; afin de disposer, au sein d’un système, d’éléments pouvant être combinés ; afin de faire quelque chose de réitérable, d’objectif ;et parce que c’est économique.
Les séries pourraient être des prototypes destinés à la
production de masse."
Charlotte Posenenske.
Manifeste Offenbach, le 11 février 1968.
Traduit de l’allemand par Patrick Kremer.