Empreintes de pinceau n°50 à intervalles réguliers de 30 cmEmpreintes de pinceau n°50 à intervalles réguliers de 30 cm Acrylique sur bois, 53 cm chaque, 1997. Empreintes de pinceau n°50 à intervalles réguliers de 30 cmEmpreintes de pinceau n°50 à intervalles réguliers de 30 cm Acrylique sur toile, 100 x 100 cm, 1973.

Niele TORONI


Niele Toroni est un artiste Suisse, né en 1937 à Muralto. Il vit et travaille à Paris.

Son travail, toujours exécuté à la main, n’est jamais identique, car chaque empreinte de pinceau n°50 est différente des autres, en fonction de la quantité de peinture, de la vigueur du geste, du type de support.

Toroni, qui se dit peintre et non artiste, décrit simplement son œuvre : « Depuis 1966, je me sers de pinceaux plats, larges de 5 cm, que j’applique sur une surface donnée à intervalles réguliers de 30 centimètres. » Tableau, toile libre en tissu, en toile cirée, ou sur le mur lui-même, la démarche de l’intéressé consiste à « remplir tout ce qui est blanc et créer la forme sans idée préconçue ni préalable, simplement marquer le lieu, le remarquer, et ainsi le révéler ».

Depuis 1966, le « travail/peinture » de Toroni n’a pas varié de sa motion initiale, rigoureusement énoncée par le titre des œuvres. Sont donc à chaque fois présentées les empreintes, d’une seule couleur, d’un pinceau carré n° 50, répétées à intervalles réguliers de 30 cm et disposées en quinconce de manière à couvrir uniformément le support, que celui-ci soit un tableau, une toile libre – accrochée, suspendue, traînant au sol – en tissu ou en toile cirée, ou bien le mur lui-même, dans une démarche qui intègre la problématique de l’in situ. La matérialité de la peinture est mise en avant dans un geste qui ne vise aucune valeur ajoutée par rapport à celui du travail artisanal. La touche, qui en constitue le point de départ et d’arrivée, est, selon Christian Besson, « une touche mais sans mouvement inscrit, sans gestualité ; non pas la touche du peintre mais celle du pinceau ; une touche qui n’exprime rien, une facture. » Le « travail/peinture » ne refuse donc pas seulement les signes traditionnels de l’authenticité et de l’originalité, il les critique à travers la modalité qui passait pour en être la plus pure expression. La touche est à ce point désinvestie par le peintre que son exécution pourrait être déléguée à un tiers, bien qu’en pratique la chose n’arrive jamais. Le « travail/peinture » y a émergé en réponse à la tentative commune de définir une base neutre et minimale de la peinture. De l’avis de Buren, Toroni donne alors « un résumé à proprement parler génial de toute la peinture occidentale : la marque, l’empreinte, le pinceau, la surface, la couleur, le geste, le all over , l’unique et le multiple, le corps, sa présence, son absence ».

BMPT rappel

Niele Toroni est un artiste contemporain suisse, dont la peinture relève de l’abstraction radicale. Figure du processus et du Minimalisme pictural, il est l’un des membres du groupe B.M.P.T. Créé en 1967 avec Daniel Buren, Olivier Mosset et Michel Parmentier, BMPT a fait sensation lors du 18e Salon de la Jeune Peinture. Après une fructueuse année d’existence avec cinq manifestations-happenings, BMPT qui revendique la radicalité picturale est dissous.

Au fil des cinq événements, Daniel Buren affirme la ligne verticale, Oliver Mosset le cercle, Michel Parmentier la ligne horizontale et Niele Toroni le motif récurrent, en l'occurence des Empreintes de pinceau n°50 répétées à intervalles réguliers de 30 cm. À savoir la répétition d’un carré-rectangle d’une seule et même couleur. Explorant le degré zéro de la peinture.

Depuis 1967, Niele Toroni crée ainsi des Empreintes de pinceau n°50 répétées à intervalles réguliers de 30 cm. Cependant, au fil des décennies, le ‘travail/peinture’ de Niele Toroni a exploré les supports (toile, mur, sol…). Mais aussi les couleurs (jaune, magenta, cyan, bleu, vert…). Et puis le monochrome des empreintes, lorsque observées de près, peut aussi réserver des surprises. Chaque empreinte étant unique.