Petits poireaux à la BaselitzPetits poireaux à la Baselitz Acrylique sur toile, 16 x 27 cm, 2008. Oh Yeah ! (le vert de lOh Yeah ! (le vert de l'herbe est disponible même pour la salade) Technique mixte sur papier, 50 x 50 cm, 2008. Palhasso 1erPalhasso 1er Acrylique sur papier, 65 x 50 cm, 2008. On nOn n'attrape pas des mouches avec de l'acrylique Acrylique sur toile, 27 x19 cm, 2008.

Thierry LAGALLA


Thierry Lagalla est né en 1966, à Cannes. Il vit et travaille dur à Nice.

Peintre, dessinateur et vidéaste du réel, Thierry Lagalla s'oppose à l'art classique appris en école. Il oppose à cet apprentissage scolaire un travail en autodidacte, qui l'a amené à sortir des sentiers battus pour proposer une œuvre toujours plus déjantée, drôle et burlesque.

Dans sa mise en relation du quotidien avec l’histoire de l’art et des idées, avec sa culture niçoise, Lagalla interroge le statut de l’œuvre d’art dans son rapport avec le langage.

"L’art, c’est ce qu’on ne peut pas expliquer autrement".

Quand aucune discipline ne peut rendre compte du statut d’un artefact, d’un objet créé de la main ou du cerveau de l’homme, alors on est ailleurs, un ailleurs indéfinissable qui se situe pour Lagalla entre picturalité et lexique, entre visible et intelligible, dans un lieu qu’il nomme "atelier mental" où "la parole intervient entre les œuvres dans l’interstice laissé entre elles".

Rien à voir, à faire avec le minimalisme, si répandu, qui laisse supposer que par économie d’expression une pureté, un absolu est à portée d’oeuvre. Non, ça, Lagalla, ça le fait sourire. Ainsi crânement, depuis son atelier, l’artiste questionne tout ce qui l’entoure. Ici, il ne s’agit pas du coquet emploi de la mise en abîme, mais d’une interrogation sur la nature des choses et sa capacité à produire artistiquement du réel.

Le dessin est, chez Lagalla, au cœur de l’œuvre, il fournit la température idéale de l’atelier mental. Cette pratique est née en 1991, suite à la perte de son atelier, elle dépassa  rapidement cette contrainte pour prendre, au sein de son œuvre, une place prépondérante. Le format A4, format trivial par excellence, dont les dimensions, par photocopies, impressions interposées, sont fixées à notre mémoire. C’est, justement, cet usuel, ce banal que l’artiste aime employer. Sur cette surface commune, loin de toutes dimensions spectaculaires, il nous montre, de façon étourdissante, comment, en faisant dessin de toutes choses et de toutes manières, dans une heuristique continue, cette œuvre s’amuse à appréhender le Réel par tous les bouts de l'existence. En ces temps domestiques imposés, il répond avec humour et sagesse aux problèmes de la vie, préférant un subjectivisme averti qu'un universalisme trompeur et ennuyeux.

Une oeuvre burlesque qui, telle une boîte à MEUH, agit par renversement et nous laisse entendre, par les trous faits dans le réel, le plus profond des meuglements arrachés à la nature.

Il aime à dire qu’il crée à l’ombre des pâquerettes, alors imaginons Lagalla dans la nature, posant son chevalet devant son sujet et peindre, avec une tendre application, une usine à gaz.



Thierry LAGALLA
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