<em>Autoportrait</em> Autoportrait Acrylique sur toile, 180 x 130 cm, 2006. <em>Le bicephale</em>Le bicephale Graphite sur toile, 195 x 130 cm, 2004. <em>LL'amour plus fort que la mort Huile sur toile, 160 x 120 cm, 2010. <em>Décréation</em>Décréation Huile sur toile, 195 x 130 cm, 2010.

Axel PAHLAVI


Axel Pahlavi est né en 1975 à Téhéran, Iran. Vit et travaille à Berlin.

L'Autoportrait

L'autoportrait de Sofia est au départ un exercice technique. Je me rendais en effet tous les matins à l'académie des Beaux-Arts de Sofia pour peindre d'après modèle. L'après-midi, dans une certaine continuité je réalisais cet autoportrait à l'aide d'un miroir.
Contrairement au modèle du matin, j'avais peu à peu fermé les lignes de l'autoportrait pour me retrouver devant une image plutôt terne et maniérisante. Un après-midi, je me suis recouvert le visage d'huile pour obtenir plus de détail. En fait l'huile a envahit mes lunettes que j'ai dû retirer pour peindre. Au résultat, j'ai eu l'étonnement de voir apparaitre quelque chose de plus spontané que d'habitude.
les pinceaux aux bout des mains - pinceaux (autoportrait de Van Dick) sont une indication de l'abandon physique qui s'est opéré en moi cet après-midi là.

Le bicéphale

Situé en face du Gloria Mansion, du C.U.M. et du 67 promenade des Anglais (où se trouve l'appartement où j'ai grandi), le bicéphale fixe d'une expression double l'Orient et l'Occident. Symboliquement, j'y vois la tentative d'expliquer chez moi une schizophrénie congénitale.
A partir du moment où cette schizophrénie est représentée par le sujet lui-même, il m'a semblé suffisant de la dessiner d'une seule manière, descriptive et continue.

L'amour plus fort que la mort

L ‘amour plus fort que la mort fait partie d’une série qui s’est élaborée petit à petit dans mon travail : il s’agit des portraits de Florence. Le point de départ est sensible dans la mesure ou le fait de mettre en relation le clown et une certaine nudité déclenchait dans mon esprit une envie de peindre. Peut-être qu’avec Je t’aime cette toile a pris un aspect iconique dans mon travail. Elle semble refléter une mélancolie très générationnelle. Elle est donc un constat mais aussi un point de départ, dans le sens ou m’extraire de cet état sans le répéter indéfiniment m’est apparu comme vital.

Décréation

Le concept de décréation est emprunté à la philosophe Simone Weil. Il est représenté dans cette peinture par l’effacement de la main armée. Il n’est pas ici question de considérer tout acte libre comme refus du Dieu ici incarné, mais de l’instant ou les deux libertés s’unissent dans une souffrance commune. Ainsi ce n’est pas tant l’acte de blesser qui est mis en avant mais l’acte de ne plus se refuser à l’autre.