<em>Tedesco et Pitman</em>Tedesco et Pitman Acrylique sur MDF, diptyque <em>The Dead C</em>The Dead C courtesy A kills B, acrylique sur MDF, 190 x 278 cm, 2010. <em>Left to blind destruction</em>Left to blind destruction courtesy G.Phelan, diptyque acrylique sur MDF 190 x 190 cm, 2011.

Elodie LESOURD


Elodie Lesourd est née en 1978. Elle vit et travaille à Paris.

Elodie Lesourd travaille sur le rock. Elle en vient, elle en part, s’en servant comme d’un matériau premier lui permettant de dévoiler des enjeux plus larges, englobant tant la sociologie que la philosophie, la culture populaire que la notion de sacré. Elle développe ainsi une réflexion picturale nommée hyperrockalisme, croisement entre l’hyperréalisme et la musique. Il s’agit de la reproduction en peinture, taille réelle, à main levée, d’installations d’autres artistes ayant trait au rock, dénominateur commun et fondamental.


The dead C

Pour la pièce « The Dead C », elle pousse ce concept à l’extrême. En effet, la vue de cette installation (du collectif d’artistes AkillsB) baignée dans un camaïeu jaune rompt en partie avec l'idée d'une peinture de la réalité. On dépasse les codes de l'hyperréalité vers une réalité rock ; la monochromie de l'ensemble éloigne l'élément d'origine d'une réalité tangible et le bascule tout entier vers une utopie dionysiaque. Le passage à l'état pictural semble dès lors légitime : la réflexion fondamentale sur la couleur prend ici une tournure paradoxale. La peinture assimile, réintègre, tout à la fois sa dimension objective (projetée au moment de la performance sur l'ensemble des objets) et figurée (par la transposition).
En donnant à sa peinture le nom d’un groupe expérimental néo-zélandais, elle tisse un jeu sémantique mélangeant ses référents tant artistiques que musicaux, allant jusqu’à promouvoir la « mort de la vision ». La monochromie comme expérience visuelle se révèle être un accès vers une vérité, un Ailleurs, rock.

Left to blind destruction

Ce diptyque d'Elodie Lesourd répond malgré son aspect sombre et distancé aux principes de l'hyperrockalisme. L'oeuvre citée semble cependant comme effacée derrière les mystères de cet angle de vue atypique. Questionnant sans cesse l'oeuvre d'art et ses modes d'existence, elle en interroge avec cette pièce sa représentation photographique. Les moulures d'un plafond sont plongées dans une inquiétante étrangeté par l'intervention de l'artiste écossais Garrett Phelan. Elodie Lesourd, quant à elle, en récupère tout le potentiel esthétique et, se jouant du clair-obscur, parvient à en écrire une histoire parallèle. Le titre de cette peinture, extrait de la chanson "Transmission" de Joy Division, nous pousse à voir alors au-delà de la destruction. Destruction de l'oeuvre par la photographie, destruction de l'oeuvre originale par sa transposition picturale, destruction aveugle empreinte de mélancolie.