<em>Souche #9,#10,#11</em>(détails)Souche #9,#10,#11(détails) Tuyaux d’arrosage en P.V.C Dimensions variables, 2009 <em>Souche #9,#10,#11</em>Souche #9,#10,#11 Tuyaux d’arrosage en P.V.C Dimensions variables, 2009

Laurent Perbos


Laurent Perbos est né à Bordeaux en 1971. Vit et travaille à Marseille.
Souche #9,#10,#11

Dans Souches, son travail semble prendre une nouvelle épaisseur. Conscient des limites du seul effet insolite et éphémère généré par le simple geste de détournement, l’accent est alors mis sur les propriétés et les composantes plastiques des objets familiers, leur charge poétique, leur potentiel de représentation. Par la particularité de l’agencement de bouts de tuyaux, il s’agit de faire disparaître les caractéristiques de l’objet en lui-même, l’appréhender comme matière première à un travail de sculpture pour arriver sur le terrain de l’abstraction et des évocations. Si le titre lance des pistes, la chose reste indéterminée, et ouverte à un jeu d’associations plus ou moins justes. Possible dénonciation du désastre écologique par des souches en plastique, réponse ironique à une question d’actualité (traiter le thème de l’écologie avec des tuyaux d’arrosages), ou premières étapes de réflexion à la réalisation d’un projet surréaliste (« faire un arbre qui pleure »), cette pièce tend du moins à s’interroger sur la manière dont les choses de l’ordinaire, une fois revisitées par les gestes de l’art, peuvent se redonner à voir, autrement, comme images.

Travaillant des champs et des médiums divers et diversifiés, ses entreprises plastiques touchent principalement à des activités de masse et de divertissement, issues de cultures populaires ( tel le jeu, le sport, les records…), à ce qu’il appelle des « mythologies sociales »,.Pratiquant le leurre et le simulacre, l’esthétique de l’échec ou de l’idiotie, il interroge les possibilités interrelationnelles et ludiques de l’art, et s’approprie, avec ironie et dérision, le domaine des pensées collectives qu’il fait support de son travail. Usant des déplacements et des décalages pour mettre en question son environnement et perturber l’ordinaire, il fait du détournement un véritable système de travail.

Leila Quillacq, 2007