Romain BERNINI


Romain Bernini est né en 1979 à Montreuil. Il vit et travaille à Paris.

Romain Bernini, mêle abstraction et figuration, formes et signes, le plus souvent exotiques, pour pousser le regard à la marge de l’image, vers le pictural. Ce faisant, il réaffirme la peinture comme un espace de liberté. Il réussit à faire fondre le fantastique, le fantasmatique et l’apocalyptique dans le quotidien, par le biais d’une esthétique New Age. L’homme est ainsi représenté, son univers intérieur est rendu visible ainsi que la société où il erre. Puissance de l’imagination, extase et suspens, jungles artificielles, hallucinations et chamanes auto-proclamés, sa peinture se veut la figure d’un ailleurs fantasmé. Il existe chez lui comme chez Ida Tursic et Wilfried Mille, un état jouissif de la peinture. Les figures érotisées ou les exubérances exotiques de ses jungles artificielles sont des détours et des manières de célébrer l’art de la peinture.

Les tableaux de Romain Bernini n’évoquent pas d’histoire particulière, si ce n’est celle d’une énigme, d’un temps suspendu, entre l’action et la passivité, celui de la peinture en train de se faire. Les différentes couches, trouées et coulures laissées volontairement visibles, se superposent, s’enchevêtrent, créant le trouble, mais aussi une profondeur sourde, presque abyssale. La peinture semble s’étioler, se dissoudre dans sa matière même, à l’image de ce corps, sorte de nymphe contemporaine en proie à on ne sait quel type d’extase, flottant étrangement entre deux eaux.

Isabelle Bernini

« Choisir de peindre, c’est choisir la lenteur, l’inefficacité apparente, notamment par rapport au développement récent des images et à leur divulgation hystérique via les réseaux sociaux. Cette idée du suspens, d’une « image patiente », comme la définit Alain Berland, est inhérente à la pratique picturale – et en particulier à ma propre pratique - qui se positionne à la fois dans et hors du monde. »

Romain Bernini

La série des paysages est inventée à partir de documents, photos et croquis collectés dans son environnement proche (salle d’attente du dentiste, magasin de plantes, serres, publicités de voyagistes ...). Ici l’enjeu est de produire des images susceptibles de créer un basculement possible et ainsi initier une narration, une sorte de voyage depuis l’atelier, une porte sur un autre monde. En effet à l’inverse de la représentation classique du paysage, ces tableaux sont peints au format vertical et l’horizon est cachée par le foisonnement de plantes. Romain Bernini aime à créer un rapport physique avec celui qui les regarde. Le mur végétal qui s’élève face au regardeur, devient un écran à sa propre projection pour mieux l'absorber. Paysage hallucinatoire, Grans Bwa (dans le vaudou haïtien, c’est l'esprit de la forêt) immerge le regard dans une forêt luxuriante, imaginaire. Les couleurs, l'entrelacs des branchages et des feuilles semblent perpétuellement se transformer pour dessiner un ailleurs imaginaire. Cette jungle psychédélique est une porte sur un autre monde, à vivre ou à rêver.

« Pour moi, l’art est avant tout un dialogue : il s’agit de dire des choses par des formes et des images. J’essaie ainsi de poser des questions. De plus, le fait de peindre est une forme de ralentissement, une mise en suspens des choses permettant de digérer et de comprendre les images dont nous sommes aujourd’hui abreuvés. Je souhaite ainsi sortir de la communication rationnelle et normée ! »



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